RDC: “La fusion BCDC-Equity améliorera l’offre de financement pour les opérateurs économiques”, ( Éric Tshikuma)

Eric Tshikuma, Journaliste Spécialiste des questions économiques et finanicères. Ph. compte tweeter

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Le journaliste congolais spécialisé dans les questions économiques, Éric Tshikuma estime que le rachat de la majorité des actions de la Banque Commerciale du Congo par le Groupe Equity Bank est une aubaine pour les opérateurs économiques qui ont désormais la possibilité d’obtenir des financements nécessaires à la réalisation de leurs projets.

En effet, dans une interview exclusive accordée ce dimanche, 16 août à election-net.com, Éric Tshikuma n’a pas caché sa conviction sur un avenir radieux du mariage BCDC-Equity.

“La BCDC est principalement une banque Corporate alors que le groupe Equity est connu pour sa forte inclusion, sa solide base MPME et son offre grand public” fait-il remarquer.

Pour le journaliste vedette du site d’informations, ZoomEco, l’optimisme de George Forrest lors de l’annonce de ce rachat s’explique par le dynamisme du groupe Equity Bank dans le marché Congolais.

“Lorsqu’on observe ce que le groupe Equity a réussi à faire avec le rachat de ProCredit Bank en 2015 en la transformant en la quatrième plus grande banque du pays, le choix est judicieux. Son optimisme s’explique” explique-t-il.

Ci-dessous, l’intégralité de l’interview

Election-net.com: Éric Tshikuma, bonjour ! Vous êtes journaliste économique au sein de Zoom Eco. Equity Groupe Holdings vient d’acheter les 66,53% des actions de la Banque Commerciale du Congo pour 95 millions de dollars Usd, que vous inspire cette décision? Quelle analyse vous en faite?

Eric Tshikuma: C’est une décision importante dans le financement de l’économie congolaise. Elle vient renforcer le secteur bancaire congolais et donner aux opérateurs économiques un cadre inclusif pour leurs opérations.

En effet, la BCDC est principalement une banque Corporate alors que le groupe Equity est connu pour sa forte inclusion, sa solide base MPME et son offre grand public.

Je pense que cette acquisition permettra au groupe Equity d’offrir au marché congolais, un ensemble des instruments de financement adaptés pour la transformation socio-économique de la RDC.

ENET: Lors de l’annonce de la transaction, le Directeur Général d’EGHL, James Mwangi a fait savoir que l’objectif est de fusionner, dans un délai d’une année, Equity Congo et BCDC pour un total bilan de plus de 2 milliards USD, soit 20% de la valeur du groupe pour le rendre compétitif sur le marché du pays, n’est-ce pas une bonne chose ?

E.T: Absolument, la fusion de ces deux grandes banques transformera substantiellement le paysage bancaire, améliorera l’offre de financement pour les opérateurs économiques devra permettre, je l’espère, aux clients de bénéficier des produits et services financiers modernes, inclusifs et adaptés à leurs besoins.

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A l’heure de la digitalisation, de l’inclusion financière et de l’expérience-client qui sont présentés comme les atouts du groupe Equity, il y a lieu de s’attendre à ce que la nouvelle entité qui naîtra de cette fusion soit la plus compétitive du marché et impulse réellement le développement et la transformation du secteur bancaire.

ENET: Equity Groupe Holdings, c’est quasiment 10 milliards USD. La RDC n’avait-elle pas besoin d’un tel géant pour le développement de son économie ?

E.T: La réponse est une évidence. Au regard des enjeux de développement économique de la RDC, il est crucial de disposer d’institutions avec une forte capacité d’absorption des risques et une capitalisation adéquate pour financer les différents projets présentés par les opérateurs économiques.

Cette forte capitalisation permettra à la filiale en RDC, de structurer et financer, en syndication avec la maison mère, des grands projets industriels et productifs à travers le pays. Encore faudrait-il que le cadre macroéconomique soit stable pour que tout le pays en profite.

ENET: George Forrest, le millionnaire congolais d’origine belge, ancien actionnaire majoritaire de la BCDC qui a venté le bilan de 111 ans de son groupe dit faire confiance à EGHL pour le maintien du succès, quel est votre commentaire?

E.T: Lorsqu’on observe ce que le groupe Equity a réussi à faire avec le rachat de ProCredit Bank en 2015 en la transformant en la quatrième plus grande banque du pays, le choix est judicieux. Son optimisme s’explique.

Je pense que l’ADN d’Equity Bank est clairement décrit dans sa vision : être le champion de la prospérité socio-économique des africains. Georges Forrest dont les entreprises ont joué un rôle important dans la vie économique du pays, a visiblement souhaité assurer la continuité de cet héritage en cédant ses actions à un partenaire panafricain, visionnaire et convaincu de la transformation de la RDC. C’est un choix légitime et réaliste.

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Au regard des enjeux actuels, il faut maintenant concrétiser les attentes liées à cette transaction. C’est ce qui est le plus important pour le peuple congolais.

ENET: EGHL dispose des filiales au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Sud-Soudan, au Rwanda et devient l’une des plus importantes banques de la RDC, est-ce une bonne nouvelle pour l’économie du pays

E.T: Au-delà des regrets de congolais nationalistes qui auraient souhaité voir des groupes d’intérêts nationaux s’imposer dans le secteur bancaire, il faut être un opérateur économique qui fait ses affaires entre les pays frontaliers de la RDC que vous avez cités pour réaliser l’avantage que cela présente. Disposer d’une banque qui opère dans ces différents pays, offre un avantage comparatif sans précédent pour l’approfondissement des échanges importants entre les opérateurs économiques de ces pays.

Sans doute, EGHL, à travers sa filiale en RDC, facilitera les opérations commerciales et financières des opérateurs économiques locaux avec leurs partenaires dans ces pays, contribuant ainsi à la création de la valeur et au renforcement des activités dans le pays.

Cette présence géographique unique pour la RDC est aussi à intégrer dans les récentes avancées obtenues au niveau de l’Union Africaine pour la mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Avoir des banques qui facilitent ce libre mouvement des capitaux à travers le continent et le raffermissement des liens économiques, est un atout majeur.

Propos recueillis par José-Junior Owawa