Affaire 100 jours : Kamerhe est-il victime de l’opération mains propres ?

Vital Kamerhe, dircab du président de la République Démocratique du congo. Photo de tiers .

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Au quatrième jour du procès télévisé de 100 jours ,mettant au prise le ministère public au directeur de cabinet du président de la République ,Vital Kamerhe et ses coaccusés dans un  présumé détournement des fonds alloués pour la construction des maisons préfabriquées. Plusieurs personnes ont défilés à la barre: ministres ,députés, et autres hauts dignitaires du pays ont été entendus à titre de témoins ou renseignants par le tribunal qui poursuivait l’instruction du dossier renvoyé au 11 juin prochain pour la plaidoirie.

Le chef de cabinet du président Tshisekedi, a dans sa comparution clamé de nouveau son innocence et a affirmé que toutes les décisions prises dans le cadre de ce projet étaient faites sur instruction du président de la République. Kamerhe a tout de même promis de montrer “sous le sceau du secret” au tribunal ,certaines annotations faites par Félix Tshisekedi. L’ex président de l’Assemblée dit préférer resté à Makala pour sauvegarder le prestige de la fonction président de la République.

Ce procès public retransmis  en direct à la télévision nationale congolaise a attiré l’attention de plusieurs observateurs qui estiment que dans l’histoire du pays ,des genres de procès n’ont jamais été organisés pour montrer à la face du monde le souci du régime actuel de Tshisekedi de lancer son opération mains propres à partir même de son entourage.

Lors de cette suite du procès, l’épouse de Kamerhe Amida Shatur, les ex ministres Kangundia, Henry Yav ,et les ministres en fonction ont apporté leurs dépositions.

Par exemple Daniel Massaro, neveu du directeur de cabinet a endossé toutes les responsabilités sur sa confusion entretenue autour des identités à la  parcelle attribuée à Soraya Mpiana par l’homme d’affaires libanais Samih Jamal.

Le conseiller principal du chef de l’État aux  affaires économiques a révélé quand à lui que, 66 700 000 dollars ont été payés à la société Samibo SARL pour 1 500 maisons préfabriquées. Marcel Bibomba a tout de même précisé  qu’il avait quitté la coordination du programme de 100 jours à cause d’un manque de transparence.

Pierre Kangudia Mbayi, ancien ministre du Budget, a lui indiqué que les paiements étaient effectués en procédure d’urgence par le ministre des Finances, sur décision du directeur de cabinet de Félix Tshisekedi. Henri Yav Mulang, ancien ministre des Finances, a confirmé que tous les paiements étaient faits sur la base d’un plan de décaissement établit à la   présidence de la République sur base d’une lettre du président de l’UNC.

Signalons que l’audition des témoins clés a éclairé le tribunal sur un certains nombre  d’anomalies constaté dans le processus du décaissement des fonds alloués dans le cadre de ce projet.

Arrêté et détenu à Makala depuis le  8 avril dernier, Vital Kamerhe est poursuivi pour détournement  de 50 millions de dollars dans le cadre des travaux des “100 jours du  Président Félix Tshisekedi.

A coté de lui, deux autres accusés sont aussi à la barre l’homme d’affaires libanais Samih Jamal, responsable de deux sociétés qui devaient livrer 1.500 logements sociaux.

Selon plusieurs sources, ce procès serait une opération “main propre” décidée par le Président Tshisekedi sous pression des États-Unis. La maison blanche  influence sur la RDC, le pays tend accélérer avec la démarche de la lutte contre la corruption.

Patrick Félix ABELY